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Sigma FP2 : le plein format modulaire de 460 g à l’épreuve du book

Philippe par Philippe Hellendorff
• novembre 01, 2026 • 7 min de lecture • 24 vues
Sigma FP2 : le plein format modulaire de 460 g à l’épreuve du book
Annoncé le 23 octobre : capteur 24,5 Mpx partiellement empilé, 20 i/s, AF avec détection des yeux, 460 g, 2 199 $ US. Atouts et limites pour le book.
Le 23 octobre 2026, Sigma a présenté le FP2, deuxième génération de son hybride plein format modulaire en monture L. Sept ans après le fp, la marque conserve le concept d’un boîtier minimaliste que l’on complète selon ses besoins, mais revoit le capteur, l’autofocus, l’écran et l’autonomie. Reste une question essentielle pour nos lecteurs : ce boîtier de 460 g est-il un bon outil pour le portrait, le nu artistique et le book ?

Les caractéristiques clés du Sigma FP2

Un capteur plus rapide, sans changement de définition

Le FP2 repose sur un capteur CMOS plein format partiellement empilé de 24,5 Mpx effectifs. Selon DPReview, il s’agit d’un capteur rétroéclairé dont les circuits de lecture rapides sont placés en périphérie, ce qui accélère la lecture sans le coût d’un capteur entièrement empilé. Pour la photo, cela se traduit par :
  • une rafale jusqu’à 20 i/s, soutenue sur 180 fichiers DNG ou 200 JPEG, et 630 DNG à 8 i/s ;
  • un effet de déformation (rolling shutter) réduit par rapport au fp ;
  • des fichiers RAW DNG 14 bits sans perte de 6 016 x 4 012 pixels ;
  • une plage ISO de 100 à 102 400, avec deux sensibilités de base à 320 et 2 500 ISO en photo.

Un autofocus enfin à la hauteur

C’était le point faible du fp. Le FP2 associe détection de phase sur le capteur et détection de contraste, avec un suivi de sujet (humain, chien et chat, oiseau) et une détection des yeux. La sensibilité annoncée descend à -5 IL. Pour le portrait à grande ouverture, cette détection des yeux est le progrès le plus concret de cette génération.

Ergonomie et modularité

  • Écran tactile inclinable de 3,15 pouces et environ 2,1 millions de points, orientable d’environ +90° à -45°.
  • Viseur électronique optionnel EVF-21 de 5,76 millions de points, avec capteur d’œil.
  • Griffe flash optionnelle, l’unité HU-21, compatible avec le système OM System et Panasonic selon DPReview.
  • 70 Go de mémoire interne, carte SDXC UHS-II et enregistrement sur SSD externe en USB.
  • Batterie de 16 Wh pour environ 370 vues par charge.
  • Poids de 460 g avec batterie et carte.

Côté vidéo, le FP2 filme en 6K « open gate », y compris en ProRes RAW sur SSD. Ce n’est pas notre sujet ici, mais cela confirme que le boîtier vise autant les vidéastes que les photographes.

Prix et disponibilité

  • Disponibilité : 11 novembre 2026.
  • États-Unis : 2 199 $ US boîtier nu, 2 749 $ US avec le viseur EVF-21 ou avec le 50 mm F2 DG Contemporary.
  • France : 2 199 € boîtier nu selon Frandroid, et 2 199,90 € en précommande chez MN Photo Vidéo.
  • Canada : aucun prix en dollars canadiens n’était publié au moment de la rédaction.

Positionnement face au fp, au fp L et à la concurrence

Par rapport au fp et au fp L

Le fp (24,6 Mpx) et le fp L (61 Mpx) pèsent respectivement 422 g et 427 g avec batterie et carte. Le FP2 est donc un peu plus lourd, contrepartie d’un écran inclinable et d’une batterie plus grosse. Les trois boîtiers partagent un point commun : aucun obturateur mécanique.

  • Face au fp : même définition, mais un autofocus nettement plus moderne, une rafale plus rapide, un écran orientable et une synchronisation flash qui passe de 1/30 s à 1/50 s.
  • Face au fp L : le fp L conserve l’avantage de la définition (61 Mpx) pour les recadrages et les grands tirages, mais sa synchronisation flash plafonne à 1/15 s, ce qui le rend peu adapté au flash en lumière ambiante.

Pour le book, le FP2 devient ainsi le boîtier le plus polyvalent de la famille.

Par rapport aux hybrides plein format 24 Mpx concurrents
sigma fp2


DPReview estime que le capteur du FP2 est vraisemblablement comparable à ceux du Nikon Z6III et du Panasonic S1II, deux boîtiers de même catégorie. Ces concurrents sont plus encombrants, mais ils offrent ce que le Sigma n’a pas : un viseur intégré, un obturateur mécanique et une stabilisation du capteur. Le FP2, lui, ne propose qu’une stabilisation électronique réservée à la vidéo. Le constat est le même face aux plein format compacts Sony A7C II et Nikon Z5II, ou au Leica SL3-S, qui partage la monture L : tous disposent d’un obturateur mécanique et d’une stabilisation du capteur. Le choix se fait donc entre compacité extrême et polyvalence classique.

L’intérêt pour le portrait, le nu artistique et le book

Les atouts
  • La discrétion : un boîtier de 460 g, totalement silencieux, intimide moins un modèle débutant et convient aux séances de nu artistique où le calme compte.
  • La détection des yeux : elle sécurise la mise au point à f/1,4 ou f/1,2, surtout en lumière naturelle.
  • La monture L : elle donne accès aux optiques Sigma, Panasonic et Leica, dont des focales portrait lumineuses comme le Sigma 85 mm F1,2 DG Art.
  • Les modes couleur : treize profils, dont des rendus doux utiles pour une signature visuelle cohérente dans un book.
  • La mémoire interne de 70 Go : une sécurité appréciable lors d’une longue séance.

Les limites à connaître

L’obturateur électronique uniquement
C’est la principale limite. Sans obturateur mécanique, le FP2 reste exposé aux bandes sous certains éclairages artificiels qui scintillent (LED bon marché, tubes fluorescents) et à des déformations sur les sujets en mouvement rapide, même si le capteur plus rapide les atténue. En studio, privilégiez des sources continues de qualité et vérifiez vos images dès les premiers déclenchements.

Le flash

La vitesse de synchronisation maximale est de 1/50 s. C’est un progrès réel, mais cela reste loin du 1/200 s ou 1/250 s habituel des boîtiers à obturateur mécanique. Conséquences pratiques :
  • en extérieur, il est difficile d’assombrir un ciel ou un fond lumineux au flash sans filtre ND ;
  • en studio, la lumière pilote parasite peut se mêler à l’éclair, d’où l’intérêt d’éteindre les lampes pilotes ou de travailler dans une pièce sombre ;
  • la griffe flash n’est pas intégrée : il faut l’unité HU-21 pour monter un flash ou un déclencheur.

Ergonomie et autonomie

Sans viseur intégré, la composition à l’écran est moins confortable en plein soleil, et l’EVF-21 ajoute du volume et un coût. Environ 370 vues par charge imposent au moins une batterie de rechange pour une séance complète. L’absence de stabilisation du capteur demande enfin de la rigueur sur les vitesses avec les longues focales.

À qui s’adresse le Sigma FP2 ?

  • Au portraitiste qui travaille surtout en lumière naturelle et recherche un plein format discret.
  • Au photographe hybride photo et vidéo qui veut un seul boîtier très compact.
  • Au propriétaire d’optiques en monture L souhaitant un second boîtier léger.

Il conviendra moins au photographe de studio qui travaille principalement au flash, pour qui un boîtier doté d’un obturateur mécanique reste plus simple.

Conclusion

Le Sigma FP2 corrige les défauts majeurs du fp : autofocus, rafale, écran et autonomie. Pour le book en lumière naturelle, c’est un outil séduisant et discret. Pour le travail au flash, l’obturateur électronique et la synchronisation à 1/50 s restent des contraintes. Avant d’acheter, testez-le avec vos propres éclairages dès sa disponibilité, le 11 novembre, et prévoyez dans votre budget l’unité HU-21 et une batterie supplémentaire.
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